Québec solidaire et Option nationale partagent-ils un avenir commun?

Québec solidaire et Option nationale partagent-ils un avenir commun?

Lors du prochain Conseil national de QS qui aura lieu les 1 et 2 décembre à Québec, nous aurons à nous prononcer sur une résolution qui propose de composer une délégation ayant le mandat d’aborder ON pour discuter d’un rapprochement politique. J’aimerais vous expliquer pourquoi je suis en faveur de cette résolution.

Depuis la fondation de ON il y a un an, je me suis intéressé à cette bibitte que j’avais de la misère à comprendre. Je croyais au départ que ce serait un parti politique ultranationaliste comme le Québec en a périodiquement connu au fil des crises du PQ (Parti République, Parti indépendantiste, etc.). Toutefois, en prenant des positions indépendantistes plus que nationalistes, ON s’est éloigné des thèses du nationalisme identitaire du PQ bien qu’il faut reconnaître qu’une importante frange identitaire a fait son nid dans ON. En se dotant de positions progressistes (Gratuité scolaire, Pharma-Québec, proportionnelle), ON se rapproche plus de l’ancien RIN que d’une frange nationaliste de droite comme le Parti indépendantiste.

Cette impression s’est confirmée sur le terrain, du moins dans Hochelaga-Maisonneuve où les rapports entre les deux équipes étaient cordiaux. De plus, dans les débats où nous avons participé, la distance entre nos discours respectifs était très faible. À preuve, combien de fois ai-je rencontré des citoyens, surtout des jeunes, qui me disaient hésiter entre QS et ON en prévision du 4 septembre. Cette proximité idéologique s’est également matérialisée dans l’entente électorale entre Françoise David et Jean-Martin Aussant. Cette entente représentait une belle «passe sur la palette». Malheureusement pour M. Aussant, la CAQ l’a emporté dans Nicolet-Bécancourt.

Mais si les deux partis se ressemblent tant, pourquoi alors sont-ils séparés? Parce qu’il existe somme toute des différences. Par exemple, il y a une nuance importante quant au mode d’accession à l’indépendance ou encore au niveau de la hiérarchisation des priorités. J’examinerai ces nuances plus en détail dans un article subséquent.

Maintenant, la question est à savoir si ces différences sont insurmontables. La devise de l’UFP était «Ce qui nous ressemble est plus fort que ce qui nous divise». C’est avec cette devise en tête que l’UFP a fusionné avec Option citoyenne pour donner Québec solidaire. Est-ce que le projet de rassembler et élargir la gauche s’est conclu une fois pour toutes lors de la fondation de QS en 2006? La question se pose.

Le compromis que je vois se dessiner à l’horizon serait que QS renforce l’ensemble de son analyse alentour du pays de projet. Cela pourrait se faire sans problème, d’autant plus que nous aurions tous avantage à parler plus souvent de République dans le cadre de notre discours général. Cela nous distinguerait clairement du PQ qui, sans le dire très fort, préfère conserver le système parlementaire britannique hérité de l’époque coloniale. En effet, à quoi bon fonder un nouveau pays si c’est pour garder le même mode de scrutin, un lieutenant-gouverneur général, un chef de gouvernement non-élu au suffrage universel, etc.

De son côté, ON devra se rapprocher du discours de la laïcité ouverte qui permet, entre autres, le port du voile dans la fonction publique et qui ne fait pas la chasse aux étiquettes halals. Les militants d’ON devront également se familiariser avec le discours féministe qui est tout simplement absent de l’ensemble des communications de leur parti. Cela a comme conséquence que ON n’a pas réussi à présenter au moins un tiers de femmes comme candidates. Heureusement, il a réussi à faire mieux que la CAQ , mais nous sommes très loin de la coupe aux lèvres.

Au final, le résultat de ce rapprochement serait une gauche souverainiste redynamisée et pédagogique avec des valeurs fortes et un discours économique accessible. Résolument moderne, cette gauche souverainiste sera en mesure d’aller convaincre les immigrants et les communautés culturelles de la faisabilité, de la rentabilité et de l’importance du pays de projet. Cette tâche historique nous incombe considérant que le PQ semble y avoir renoncée.

Tout ceci est un sujet délicat qu’il faut traiter avec beaucoup de retenue et de diplomatie. Cependant, la table est mise pour la discussion. À suivre après le 2 décembre.

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21 réponses à Québec solidaire et Option nationale partagent-ils un avenir commun?

  1. Liette Vidal dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec toi Alexandre! Je me suis aussi beaucoup questionné sur ce qui sépare et réunit, les programmes de O.N et de Q.S. et je pense que les différences ne sont pas insurmontables. En plus, j’adore plusieurs des candidats de QS que je connais car j’ai eu la chance de les cotoyer dans des combats ou de les entendre s’exprimer, mais depuis que j’entends ou que je lis, JM Aussant, je ne vois personne d’autre que lui comme futur Ministre des finances aux Québec. Si ce n’est carrément Premier ministre! Aux dernières élections, je n’arrêtais pas de me demander pourquoi il ne s’était pas présenté avec QS! Bien que je suis membre de QS, la solidité de JM Aussant m’a beaucoup fait hésiter aux dernières élections. Voilà; j’espère que ce témoignage de plus permettra d’avoir un appui fort à la résolution au Conseil national.

  2. lucie mayer dit :

    L’idée est intéressante et, comme d’habitude dans vos écrits, bien amenée, bravo.
    À mon avis, comme ON semble avoir calqué 90% du programme de QS, la prochaine étape logique serait en effet de se rapprocher, voire de fusionner ON et QS. Mais est-ce possible?

    Vous avancez que, selon le climat dans votre circonscription, cela serait possible. Mon expérience sur FB entre autres, pendant la campagne, a été similaire à la vôtre. Mais je dois dire que certains membres (très vocaux) d’ON sont à des lieues du progressisme et même de la social-démocratie! En fait, basée sur mes amitiés FB, je suis à même d’avancer que rares sont les partisans d’ON qui ont un souci social. Par contre, il est moins rare d’en trouver pour décrier, souvent en tenant des propos franchement racistes, une soi-disant invasion de notre pays par les … (assortiment de communautés ethniques). Il y a probablement des ponts à construire, mais est-ce possible, dans cette situation?

    Par ailleurs, la présence de Monsieur Aussant lors de la conférence de presse sur Pharma-Québec était intéressante. Pourtant, je me serais attendue à ce qu’il félicite QS pour son projet, qu’ON a repris dans son programme.

    Un sujet passionnant, que celui du rapprochement. Il faudra en débattre.

    Amitiés solidaires,

    LM

  3. simon1guertin1armstrong dit :

    Le rapprochement voire la fusion, dans la mesure où – comme Alexandre le souligne – les valeurs et positions de QS et ON sont si semblables, est un impératif stratégique. La division du vote pénalise énormément les petits partis dans un système électoral doté d’un mode de scrutin majoritaire uninominal à un tour.

    Par ailleurs, la discussion honnête est un exercice nécessaire en politique. Sans délibération ouverte à un changement de convictions, on n’a que l’échange dogmatique de positions divergentes. Les partis doivent, me semble-t-il, donner l’exemple aux citoyens.

  4. Bonjour Alexandre. Je vais m’exprimer en tant que membre d’ON sur ce billet. Le problème que je vois avec un rapprochement entre ON et QS c’est justement sur le point de la gauche. Je n’ai pas fait de sondage exhaustif, mais même si le programme d’ON se situe plutôt centre-gauche, il n’est pas dit qu’une certaine frange des militants d’ON penchent plutôt au centre-droit. Comme moi. Peut-être suis-je considéré à gauche par des gens de la droite, mais je suis clairement plus à droite pour des gens de Québec Solidaire. Mais bon, je ne représente peut-être pas le militant
    "type" chez ON. Va savoir.

    Ce qui anime d’abord le militant ou le partisan d’ON est la souveraineté du Québec. La motivation est d’abord et avant tout beaucoup plus politique que sociale. Et comme tu as pu le constater, le discours économique est d’ailleurs très important dans le message d’ON. Et c’est peut-être là que les frictions vont apparaître.

    Je suis de ceux qui croient que pour embarquer le Québec dans le projet de souveraineté, il faut absolument trouver le moyen de s’adresser à TOUTE la population. QS s’adresse exclusivement à une clientèle québécoise à gauche et laisse les gens centre-droit ou à droite de coté. Le problème est qu’une grande portion du Québec se situe au centre et centre-droit. Or, ON ne pourra pas faire la souveraineté sans l’aide de la droite et des milieux d’affaires. Je sais que ça sonne comme de gros mots mais c’est la vérité. Plus de 60% des gens ont voté pour 2 partis qui campent centre-droit et c’est sans compté les gens plus à droite qui ont voté PQ. Ça fait beaucoup de monde à mon avis qui ne campent pas à gauche toute.

    La souveraineté est un projet pour tous les Québécois et nous avons besoin des gens de toutes les allégeances pour mener à bien le projet que nous croyons être le meilleur pour les Québécois.

    Nous aurons nos orientations plus à gauche ou plus à droite lorsque nous serons 100% maîtres chez nous. Comme tous les pays digne de ce nom le font.

    Mais je vois mal perdre notre temps à discuter de concessions secondaires (concernant la souveraineté du Québec ou du message souverainiste) comme à savoir si nous avons eu assez de candidats féminins ou de stipuler sur la laïcité ouverte (option qui ne m’enchante guère, mais c’est personnel) pour créer un front commun souverainiste. Nous sommes tous pour l’égalité des sexe, de la lutte à la pauvreté et la justice sociale chez ON je crois, mais ce n’est pas un fin en soi chez les militants. La fin en soi…enfin…. on sait tous c’est quoi ;)

    Je crois que QS pourra absolument faire passer mieux ses idées de justice sociales et d’égalité dans un Québec souverain, du moins, beaucoup plus que dans le système fédéral actuel. Il va sans dire que si les Québécois élisent un gouvernement d’ON, nous ferons les changements nécessaires pour amener le principe de la proportionelle dans l’attribution des sièges. Ce qui avantagera votre parti.

    Comme vous le savez, dans les règles du parti, si un autre parti partage la même vision et le même message, nous avons le mandat de négocier une fusion si elle est envisageable. Je parle en mon nom personnel, mais je ne crois pas que teinté le parti encore plus à gauche nous aiderait à atteindre notre objectif. Le PQ a longtemps été un parti de centre-gauche et beaucoup de Québécois associent la souveraineté à la mouvance de gauche. J’ai adhéré à ON en constatant que même les points plus "à gauche" du parti m’étaient expliqués de façon rationnelle et découlait plus d’un sens pragmatique que d’une obsession idéologique (comme le féminisme ou la laïcité ouverte pourrait l’être).

    Alors, les discussions sont toujours ouvertes. Encore là, c’est mon avis à moi, peut-être que je me trompe sur la nature des militants d’ON, mais à lire les commentaires sur FB et autre, je ne suis pas trop loin j’imagine.

  5. Catherine H. dit :

    Bonjour M. Leduc,

    La question que vous soulevez en est une d’une grande importance qui a fait parler beaucoup de militants des deux partis ces derniers temps, je crois. Je suis également membre d’ON et je dois avouer avoir de grandes réticences à ce qu’Option nationale fusionne avec QS. Vous savez, depuis que QS existe, ce parti ne m’a jamais vraiment touché. Malgré mon jeune âge et mes tendances politiques plus à gauches, je n’adhérais pas au message de QS que je considérais trop souvent teinté d’émotions plus que de rationalité. Option nationale est vraiment venu me rejoindre de par son discours fortement souverainiste mais surtout, fortement pragmatique. Je suis fortement convaincue que le Québec se porterait mieux, ou du moins auraient plus d’outils pour mieux faire s’il était souverain, et j’adore l’argumentaire que M. Aussant peut servir contre les mythes féréalistes auxquels trop de gens adhèrent. Le rôle pédagogique que s’est donné ON à ce niveau me plaît beaucoup. Il est vrai que plusieurs points des plates-formes des deux partis se ressemblent beaucoup, et que sur certains points, on voit difficilement la pertinence de «dédoubler». Mais des questions fondamentales restent présentes et justifient, selon moi, l’existence des deux partis:
    – La question nationale est abordée de deux manières et un parti pousse clairement plus que l’autre le projet d’indépendance du Québec;
    – La tendance très à gauche de QS ne rejoint pas certains militants d’ON et je suppose aussi que le manque de certaines «aspirations» de gauche chez ON peut décevoir les militants de QS. Or, plusieurs discussions avec des membres de QS m’ont amené à prendre conscience que les gens d’ON veulent un pays d’abord et avant tout et se disent qu’ensuite, on pourra parler gauche/droite en ayant pleinement les moyens de réaliser nos projets d’un sens comme de l’autre, alors que les membres de QS ne voient pas l’intérêt d’un pays s’il est pour devenir autre chose qu’une contrée bien gauchiste-progressiste. Là-dessus, les visions «clashent» clairement.
    – En lien avec cela, j’ai l’impression que QS représente une partie de la population bien présente mais marginale (du moins, en dehors de Montréal). ON veut représenter tous les Québécois (comme QS, évidemment), en ayant l’argument très logique qu’un Québec souverain sera favorable à tous les Québécois. Malgré la volonté de QS à aller rejoindre davantage de gens, j’ai l’impression que son discours ne permet pas cette avancée.
    – Bien que QS se déclare souverainiste, et même si c’est sincère (nous avons tous remarqué l’enthousiasme beaucoup plus grand pour Mme David de parler de souveraineté au débat des chefs que Pauline Marois…), je pense que plusieurs fédéralistes de gauche n’hésitent pas à l’appuyer étant donné que la gauche prime sur le projet d’indépendance. Une fusion des deux partis créerait un «no man’s land» de possibilité de vote pour cette catégorie de gens (à moins, bien sûr, qu’une aile provinciale du NPD ne voit le jour…) ainsi que des dissensions sur les priorités à accomplir de la part de chacune des deux sous-parties d’un éventuel hypothétique parti fusionné. Ça créerait beaucoup d’électeurs déçus!
    Il est clair que les deux partis partagent des visions communes sur des points que nous jugeons plus «secondaires». Je crois ainsi que les deux partis ne devraient pas fusionner mais plutôt appuyer de façon commune les projets de loi que chacun dépose (quand ça a du sens pour les deux) et faire preuve de diplomatie et d’entraide, comme c’est le cas actuellement. Déjà, quelques partenariats ponctuels ont vu le jour entre les deux partis et je trouve que ça donne une image plus noble de la politique, contrairement aux autres partis qui se tirent dessus à coup de canon pour des pacotilles. Je crois cependant que, dans un avenir rapproché, les relations entre ON et QS devraient s’en tenir à ça.

    Voilà, c’est évidemment mon avis personnel. Je suis curieuse d’entendre d’autres positions, d’autres arguments :-)

    Sur ce, bon congrès, bonne réflexion!

  6. antoineleb dit :

    Je suis membre d’Option Nationale et je m’opposerais à une fusion avec Québec Solidaire. En tant que militant pour ce parti, ma priorité absolue est la réalisation de l’indépendance. C’est à ce titre que je crois qu’Option Nationale est amené à devenir ce qu’était le PQ a sa fondation, un parti de centre-gauche, résolument indépendantiste et coalisant la droite nationaliste. Le destin du parti est donc de se recentrer, tout en gardant les deux pans les plus "à gauche" de son programme: la gratuité scolaire et la nationalisation des ressources. Or, en dehors de ces 2 points, il est clair que Québec Solidaire est d’un gauchisme beaucoup plus marqué qu’Option Nationale: le revenu minium garanti, semaine de travail de 32h, hausse majeur du salaire minimum, etc Donc, il n’est pas dans l’intérêt du pays d’aller plus à gauche. De plus, laissez-moi rappeler le peu d’importance qu’accorde QS à l’indépendance: Amir Khadir qui appelle à voter NPD, le "l’indépendance si nécessaire, mais pas nécessairement", l’idée de constituante qui pourrait amener la présentation d’une constitution fédéraliste à la population, etc.

    À titre plus personnel, je ne suis pas du tout à l’aise avec le féminisme de Québec Solidaire. Le simple fait que vous ne mentionniez d’entrez de jeu le nombre de femmes candidats représente parfaitement ce que je n’aime pas du féminisme moderne: l’obsession de la parité absolue. Vous faites l’hypothèse implicite que parce qu’il n’y a pas parité, c’est parce qu’il y a eu du sexisme quelque part. Bref, je trouve ce féminisme gauchisant. Autre point, Québec Solidaire n’est pas nationaliste. Je ne me définirais pas comme un conservateur identitaire (Mathieu Bock-Côté, Mario Dumont), mais l’aspect citoyen du monde, altermondialiste et un peu multi-culturaliste de QS me tape royalement sur les nerfs.

    Si je vous demande quelle est votre priorité en tant que militant dans un parti, et que votre réponse n’est pas l’indépendance; vous ne vous sentirez pas bien chez ON. Pareillement, je ne me sentirais pas bien chez QS.

  7. Orel San dit :

    S’il fallait que ON fusionne avec QS, ce serait tout simplement la mort de ON. Déjà que ON est malheureusement cadré + à gauche, alors qu’il devrait viser le centre, une alliance permanente avec QS le mettrait encore + dans la marge.
    ON doit au contraire rester loin de QS, viser un peu + la clientèle identitaire (c’est déjà dans son programme, juste pas dans le discours) pour aller piocher chez le PQ et prendre un peu plus de positions centre-droit. Il en résulterait un excellent parti indépendantiste généralement de centre, avec certaines positions + de c-gauche et certaines de c-droit.

    Qui plus est, ON est composé de véritables souverainistes "pressés" alors que QS est composé, en partie, de gens voulant la souveraineté "à condition" que cela ce fasse dans une optique écolo-féministo-progressiste. Alors qu’on sait tous que la souveraineté est une fin en soi.

  8. mlektra dit :

    Et si je peux me permettre M.Leduc, chez Option Nationale, le parti et son chef viennent clairement en second lieu dans l’ordre de priorité: la souveraineté du Québec trône au sommet des priorités. À la limite, le parti pourrait même se saborder advenant l’indépendance que ça ne dérangerait personne!

  9. mlektra dit :

    ‘Mon expérience sur FB entre autres, pendant la campagne, a été similaire à la vôtre. Mais je dois dire que certains membres (très vocaux) d’ON sont à des lieues du progressisme et même de la social-démocratie! En fait, basée sur mes amitiés FB, je suis à même d’avancer que rares sont les partisans d’ON qui ont un souci social.’

    Définitivement, votre échantillonage est assez restreint car c’est tout le contraire que j’ai remarqué.

  10. Charles Étienne Camirand dit :

    Bonjour Alexandre,

    je trouve ton invitation intéressante, bien que je n’en partage pas tous les arguments. Une fusion entre ON et QS serait certainement quelque chose de puissant, utile et stratégique dans le paysage politique québécois; il ne fait nul doute de cela. Cependant, je ne crois pas qu’une telle fusion soit possible à court terme. Voici pourquoi.

    Il y a chez ON un penchant certain pour le nationalisme identitaire, que je crois être une valeur importante pour tout peuple qui se respecte et respecte la culture qu’il a héritée de ses ancêtres. Je ne pense pas que QS défende le nationalisme, et malheureusement son discours et celui de certains de ses membres verse trop souvent dans l’antinationalisme primaire et irréfléchi, celui du "citoyen du monde" dénationalisé. Le nationalisme est le sentiment par lequel un peuple se reconnaît un territoire ainsi qu’un État. Par ce sentiment, ce peuple se construit et s’érige en tant que "nation", soit communauté culturelle rattachée à un territoire et une histoire en particulier. J’insiste sur le mot "sentiment". Comme on le sait, il y a toutes sortes de nationalismes, et je crois que celui d’ON en est des plus ouverts et inclusifs. Pour preuve, nous avons été le seul parti souverainiste à aborder les citoyens dans plusieurs langues durant la précédente campagne électorale. En tant que militants, nous avons jugé important de défendre la souveraineté dans la langue qui convenait le mieux à nos interlocuteurs. Cependant, nous croyons à l’importance de la vitalité de la culture traditionnelle francophone québécoise, que nous ne voulons pas noyée dans une mer multiculturelle et déracinée de toute tradition. Dans une certaine mesure, la tradition est importante. Cet aspect jugé "conservateur" par certains soi-disant "progressistes" sera selon moi une barrière infranchissable. Tant que nous ne nous entendrons pas sur les concepts de nation, culture, communauté ethnique, on ne pourra avancer dans le même camp. Il faudrait s’entendre sur ces concepts anthropologiques avant de prendre pour acquis que nous sommes si près idéologiquement.

    D’ailleurs, toi-même tu as appelé à aller "convaincre les immigrants et les communautés culturelles". Mais pourquoi entend-on toujours par là toutes les cultures présentes au Québec sauf la culture québécoise majoritaire? Pourquoi la notion de "communauté culturelle" se limiterait-elle uniquement à celle des "minorités culturelles"? Est-ce là un mépris caché et inavoué, un aplat-ventrisme que Mathieu Bock-Côté a circonscrit sous le concept de "ticounisme", ou une abdication, par manque d’intérêt ou peur de soi-même, face à la nécessité de devoir définir la culture "de souche" québécoise? La culture traditionnelle et originale du Québec forme aussi une communauté culturelle, ni meilleure, mais ni inférieure aux autres.

    Ton hypothèse est qu’ON s’est éloigné des thèses identitaires du PQ… Il faudrait expliquer ce que tu entends par-là, parce que je n’observe pas cela du tout au sein d’ON. Ce qui nous distingue du PQ, c’est que nous ne voyons pas de contradiction intrinsèque entre le fait de vanter la souveraineté en d’autres langues que le français et prôner l’identité québécoise francophone. Il faut arrêter d’opposer nationalisme identitaire et progressisme. D’après moi, les deux vont de paire. Je dirais même plus: le nationalisme identitaire est progressiste en soi, et c’est l’antinationalisme qui est réactionnaire. Le nationalisme lutte contre l’aplanissement et la déculturation identitaire, qui tend, avec la mondialisation capitaliste et néolibérale, à créer un monde à culture unique. Plutôt que de multiculturalisme, je préfère parler de pluriculturalisme: des cultures nationales fortes et distinctes qui échangent en amies, d’égales à égales dans le concert des nations, et non pas des États faibles et semblables culturellement parce que totalement mélangés et homogénéisés. Dans ce dernier cas, le concept même d'"État" perd selon moi tout son sens. Aussi bien vivre avec un gouvernement mondial.

    En ce qui a trait au mode d’accessibilité à l’indépendance, je rappellerais qu’ON est très sceptique, et avec raison, de la faisabilité de l’indépendance que nous propose QS. Tout d’abord, parce que même ses porte-paroles reconnaissent que plusieurs votants et militants de QS sont des souverainistes "mous", et même des fédéralistes modérés (Françoise David l’a elle-même rappelé récemment dans les médias). Nous croyons que cela est inacceptable pour un parti qui se dit souverainiste. Est-ce que QS accepterait des gens de droite parmi ses rangs? Jamais. Il en va de même avec les fédéralistes chez ON. Dans ce parti, on peut se vanter de n’avoir aucun fédéralistes à bord, parce que nous sommes clairs et précis sur la question nationale, et que notre mode d’accession au pays est on ne peut plus limpide. Comme espérer atteindre l’indépendance du Québec avec à bord des gens qui n’y croient pas, surtout quand on se propose de le faire de manière directement démocratique? Je vois là une impossibilité technique. D’autant plus qu’il restera ensuite à convaincre 60% de la population de faire l’indépendance de cette province, et je ne crois pas que c’est avec un discours ambigu qu’on y arrivera. À être trop ouvert sur la question nationale, QS a laissé entrer dans ses rangs des gens qui n’ont pas fait grand chose et n’auront pas l’intention de faire grand chose pour que le Québec cesse de n’être qu’une province canadienne. Ce n’est pas le cas d’ON.

    Le terme lui-même de "pays de projet" me dérange, me faisant penser à un jargon, une cassette qui rappelle les concepts alambiqués du PQ, comme la "discussion nationale" ou la "gouvernance souverainiste". Je vois là une manière de confondre les gens par un langage verbeux et inutile. Je trouve que chez ON, le langage est clair et sans détours. Nous sommes le seul parti qui ne fait pas de différence entre "souveraineté" et "indépendance", car nous savons que concrètement, cela revient au même, et qu’il est futile de manipuler les gens avec des concepts compliqués et nuancés inutilement. Nous voulons que le Québec soit un pays. Point.

    Quant à la laïcité prétendument "ouverte" et au féminisme étendu, il faudrait que QS fasse la démonstration de leur bien-fondé. Chez ON, nous pensons que la laïcité est un processus non-négociable, par lequel toute référence religieuse est exclue du domaine public, prônant ainsi un relativisme au niveau religieux. Admettre le port du voile dans la fonction publique, c’est déjà admettre que certaines pratiques religieuses méritent plus que d’autres d’être tolérées, et ce sans aucune justification rationnelle. Cela est inacceptable. Dans le domaine public, il nous semble qu’il n’existe que deux façons de traiter également toutes les religions: soit de toutes les admettre, ce qui est pratiquement impossible à réaliser, soit de toutes les rejeter. Voilà un point qui nous distingue nettement des conservateurs nationalistes, qui considèrent que les signes catholiques devraient être maintenus sous l’unique prétexte qu’ils font partie de notre histoire et de notre patrimoine culturel. Oui, ils en font partie, ne l’oublions jamais, mais une culture, ça peut se redéfinir au présent, et on peut décider ce que l’on vante et loue de notre histoire, et ce que, sans l’oublier pour autant, nous rejetons au XXIe siècle. Si toutes les pratiques religieuses s’équivalent, la solution la plus réaliste est de les interdire toutes dans le domaine public.

    Ensuite, la démonstration reste encore à faire que certaines pratiques du féminisme sont utiles et pertinentes pour favoriser l’égalité de droits entre les sexes. Le féminisme est au départ un mouvement et une idéologie qui vise à permettre aux femmes de jouir des mêmes droits et possibilités que les hommes. Possibilité de pratiquer le métier qu’elles veulent, de gagner le même salaire pour compétences et tâches similaires, d’obtenir certains droits légaux et conjugaux leur donnant la même marge de manœuvre que les hommes, etc. Mais un courant du féminisme tend aujourd’hui à basculer de manière radicale vers l’égalitarisme absolu, qui nie les différences sexuelles entre les hommes et les femmes, et à la limite extrême, qui voudrait "androginéiser" l’être humain. Il s’agit d’un débat philosophique et scientifique sur la part innée et acquise du genre, sur la part d’exploitation et de domination immorale qui réside derrière la construction du genre. Par exemple, féminiser les discours et appliquer la parité à tout prix me semblent deux mesures non seulement inutiles, mais contre-productives. Favoriser quelqu’un sur la base unique de son sexe est en soi une discrimination: cela n’est-il pas l’équivalent de favoriser quelqu’un sur la base de sa couleur de peau, de sa classe sociale à la naissance ou sur la taille de son portefeuille? D’autant plus qu’étrangement, cela ne va que dans un sens. A-t-on vu les féministes s’indigner du faible taux de présence masculine en nursing, gardiennage et petite enfance, enseignement primaire ou autres domaines plus prisés par les femmes? Si ON ne compte qu’un tiers de ses candidats comme des femmes, n’est-ce pas parce que plus d’hommes se sont présentés à ces postes, qui étaient tout de même équitablement ouverts à tous, et que plus d’hommes y étaient compétents?

    Un féministe radical croit que le genre est entièrement construit. Je ne suis pas de cet avis. S’il y a plus de femmes que d’hommes dans certains domaines, et plus d’hommes que de femmes dans d’autres, c’est peut-être simplement soit un concours de circonstances, soit parce que certains domaines attirent plus certains sexes, tout comme certains domaines attirent plus les gens de gauche, et d’autres attirent plus les gens de droite. Les féministes radicaux ne voient qu’une partie de la réalité, celle où le rôle de certains sexes a effectivement été imposé par des facteurs de domination et des préjugés gratuits. Mais il existe sans doute une différence "innée" et saine entre les sexes, qu’il ne faut pas abolir, faute de quoi on retombe dans le non-sens, celui qui propose de déféminiser et masculiniser la femme, démasculiniser et féminiser l’homme.

    L’égalité des chances consiste à n’empêcher aucun sexe de pratiquer le métier qu’il désire pratiquer. Mais après, si les portes sont ouvertes et que les gens n’y entrent tout de même pas, il devient complètement contre-productif de forcer les choses. Voudrait-on voir autant de blancs que de noirs au basket, et un coup parti autant d’enfants que d’adultes en politique? Jusqu’où va le concept de parité? On a connu les incohérences de la parité, je pense, avec tous les gouvernements qui ont poussé l’idée au point de favoriser des incompétentes pour le simple prétexte qu’il devait y avoir autant de femmes que d’hommes en poste, sachant très bien que ces postes auraient pu être mieux comblés par des hommes. Il y a eu discrimination sur la base du sexe. N’est-ce pas contraire à certains principes chers à QS? Il faudrait résoudre ce paradoxe.

    Tu dis: "le résultat de ce rapprochement serait une gauche souverainiste redynamisée et pédagogique avec des valeurs fortes et un discours économique accessible". Mais justement, comme cela fut mentionné, beaucoup de Québécois sont de droite et ne croient pas à l’indépendance. Si QS fait le pari de pouvoir à la fois et d’un seul coup les convaincre de passer à gauche et de devenir souverainistes, ON pense que cela est un peu trop utopique. QS n’arrivera pas à réaliser les deux projets simultanément, et devra choisir entre l’un des deux (on devine bien lequel). La souveraineté sera alors véritablement indéfiniment repoussée aux calendes grecques, et le triste Lucien Bouchard aura eu raison.

    Sur ce, j’ai bien hâte de suivre le déroulement et les conclusions de votre congrès, et en espérant que vous fassiez de même pour le nôtre,

    en toute amitié,

    Charles Étienne Camirand.

  11. denisg dit :

    Depuis 1970, le mouvement indépendantiste au Québec a toujours connu trois courants assez bien déterminés, toujours mal intégrés au sein d’un parti. Ces trois courants: celui des hérauts d’une gauche plus ou moins syndicale-démocrate soit le RIN, le SPQlibre, Québec Solidaire; celui des chantres d’un réalisme politique et de la gouvernance de l’État soit les socio-démocrates du MSA, le PQ de l’Est de Montréal, du 450 et des régions; le courant droitiste du Ralliement National, du PQ de la rive sud de Québec et son résidu Option Nationale. Comment marier les descendants des ultras du syndicalisme militant et les enfants de la droite créditiste? J’ai hâte de voir. Ne vous en déplaise, mlektra, chez ON le chef me semble incarner le parti et venir en premier lieu … fors la souveraineté du Québec.

  12. mlektra dit :

    Wow Charles Etienne, tu as répondu encore mieux que j’aurais pu le faire. Ton texte était très bien. Je sens quelques petits détails qui feront sursauté quelques féministes mais bon, dans l’ensemble j’approuve ton énoncé sur la laïcité et le féminisme. C’est assez proche de ma pensée.

    Je n’ai pas pu rencontré une variété exhaustive de militants d’ON, mais je crois qu’ils vont bien dans cette direction là. Même moi, j’ai eu un peu de misère à accepter l’idée du carré rouge porté par JMA. Non pas parce que je suis pour la hausse des frais de scolarité, mais je trouvais que s’associé en tant que parti à un symbole (assez nouveau dans l’esprit des gens) qui pourrait être mal interprété dans la tête des gens bifurquait justement de ce moto d’ON concernant la clarté du message.

    Cela dit, comme notre position est moins basée sur une idéologie de gauche ou de droite, et plus orienté vers un pragmatisme politique, je vois mal comment le rapprochement pourrait se faire. Comme il a été mentionné plus haut, ON devrait s’auto proclammé au centre car c’est à cette enseigne que nous sommes sommes au fond et que les Québécois veulent voir un parti souverainiste.

  13. mlektra dit :

    @denisg

    ‘chez ON le chef me semble incarner le parti et venir en premier lieu’

    Ça dépend ce que vous entendez par "venir en premier lieu". Lorsqu’on avait Mario Dumont et l’ADQ, on avait une personalité qui incarnait des idées plus à droite. Ici, on a oui une personalité forte qui incarne le parti, mais ce que je veux dire, c’est que la souveraineté est plus haute que tout dans le parti. Plus haute que ses militants, que son organisation, que son chef même. Alors oui ON c’est surtout JMA (et c’est tant mieux), mais l’idée derrière la fondation du parti est plus forte que tout et le tour de force sera justement d’amener tous les souverainistes sous un même toit. J’aurais aimé que ce toit soi le PQ, mais soyons sérieux, la marque PQ est maganée niveau crédibilité à faire l’indépendance. Tout simplement parce que le parti a montré aux Québécois qu’il y avait une vie après le référendum perdu. Les gens sont blasés et voir le PQ gouverner une province, c’est en quelque sorte un aveu d’échec et de désabusement. Les Québécois n’y croient plus et à voir comment le PQ se comporte face à la souveraineté (manque de pédagogie, crainte d’en parler de peur de perdre des votes) ont voit qu’ils ont perdu le leadership politique sur la question, même pire, ils font mal à l’idée en n’assumant pas leur role et en continuant de gratouiller un peu d’indépendance par ci par là et par la bande.

    Ce que les gens veulent c’est des gens inspirants et réalistes. JMA rempli ce role et les militants d’ON sont gonflés à bloc pour embarquer les Québécois dans le projet. Et ce, qu’on soit à gauche, au centre ou à droite!

  14. lucie mayer dit :

    Il serait intéressant d’entendre les voix de la sagesse de QS se prononcer sur ce sujet. Je crois que Messieurs Cliche et Montmarquette auraient des commentaires constructifs et éducatifs à faire sur cette ouverture. Je leur lance donc l’appel à venir se faire entendre sur cette page.

    Merci!

  15. Badoux dit :

    Bravo à M. Charles Étienne Camirand, tu ne pouvais pas mieux et ce que les gens pensent concernant le nationnaliste, indépendantiste et souverainiste et même les féministe etc… Tu as dis clairement et bien décortiqué les sujets…Félicitation

  16. Alexandre Leduc dit :

    Bonjour Christian Montmarquette ne réussit pas à publier son commentaire alors je tente de l’inclure manuellement.
    AL

    Fusion QS-ON

    Si Québec Solidaire veut tenter de fusionner avec Option nationale, il devra être plus clair sur la question nationale et faire en sorte que l’Assemblée constituante ne puisse pas déboucher sur autre chose qu’un référendum sur l’indépendance du Québec. Ce qui n’est pas le cas actuellement, et qui n’a pas de bon sens de toute manière. Cette position ambigüe doit absolument être révisée.

    Secundo,

    Option nationale, devra, elle, cesser de dire qu’on ne pourra faire la lutte gauche-droite avant l’indépendance et mettre en pratique ce qu’elle affirme dans son programme, mais qu’elle ne défend pas vraiment ; ce qui n’a pas de bon sens non plus.

    Tertio, oui, une certaine frange féministe dérange chez QS, qui projette cette image trop fortement pour un large public progressiste ordinaire qui ne s’y identifie pas, et qui se réfugie chez Option nationale.

    En fait, tous ces changements seraient à mon avis forts salutaires pour les deux parties.

    Avec une fusion QS-ON…

    Québec Solidaire renforcerait sa question nationale

    Et Option nationale renforcerait sa question sociale.

    Mais, je ne suis pas certain que les deux bases militantes soient compatibles. J’ai vu des membres très réactionnaires chez Option nationale, et cela demandera pas mal de leadership pour faire passer la pilule à mon avis.

    Christian Montmarquette
    QS- Montréal

  17. Par contre il faudrait que les optionistes accepte notre principe colégial où nous n’avons pas de chef et où dans les circonscriptions que c’est les militants qui élisent leur candidat

    N’oublions pas que l’une des raison qui avait fait que Aussan n’était pas venu avec Qs lorsqu’il avait claqué la porte du PQ c’est qu’il aurait fallu le mettre sur le trône le déclarer chef de Qs

    Est-ce que les optionistes sont prêts à accepter ca ?

  18. Vincent Emond dit :

    La souveraineté ne passeras jamais par seule la gauche (ni juste la droite d’ailleurs). Pourtant j’ai moi-même un parti pris pour la gauche en général, mais le projet de souveraineté doit être le plus rassembleur possible, c-à-d y inclure une plateforme général pour toucher autant les gens plus à gauche, le centre et la droite. Ce n’est pas plus compliqué que cela. Même si vous présenter 23424324 bons arguments en faveur de la gauche combinés avec le projet de souveraineté, un souverainiste mou de droite, un fédéraliste de droite ou voire même un souverainiste de droite ne votera jamais OUI ou très rarement.

    Je crois plutôt qu’une fusion entre QS, ON et PQ serait plus préférable pour atteindre une coalition de Centre, question d’aller chercher le plus grand bassin possible d’idéologies sous un même dénominateur commun : la souveraineté. SI pour QS la gauche est plus importante que la souveraineté, et bien vous devriez tout simplement gardez votre parti, mais en enlevant l’aspect souverainiste, sinon (c’est mon opinion ici) vous nuisez à la cause par votre gauche radicale. D’ailleurs ici je pense que ON est plus modéré en général, donc difficilement conciliable avec votre plateforme.

  19. Michel dit :

    Je n’ai malheureusement pas tout lu, mais je suis un membre des deux partis, je suis une drôle de bébites pour plusieurs. Pour la première fois, je suis déchiré non pas à voter stratégique ou à voter pour le moins pire, mais à voter pour le meilleur. Faisant de moi un militant du Front Uni.

    N’en déplaise à mes amis de Québec Solidaire, Option Nationale est fondammentalement différente de Québec Solidaire, malgré d’énormes points communs et une bonne volonté de chancun des partis de travailler ensemble plutôt que de se tirer dessus, lorsque c’est possible, mais jamais une fusion ne sera une bonne idée, comme plusieurs ont pu s’en rendre compte, ON n’est pas progressiste, il est indépendantiste, d’un bon nationaliste respectueux des autres nations et cultures. Sur le plan socio-économique, il est fondammentalement du gros bon sens économique, qui peut paraître progressiste et écoligiste, dans l’optique que le néo-libéralisme et le capitalisme actuel est dans une dérive destructrice, mais ces positions sont habités de pragmatisme, pas tant d’émotivité. Puis le discours féminisme n’est que pragmatique, aucune émotivité, la notion du plus compétent comme gros bon sens est mis de l’avant, puis par simplicité il n’y a pas de lourdeur mis au texte comme ce l’est fait chez Québec Solidaire. Malheureusement à mon avis, il s’est développé une partisannerie à Québec Solidaire, bien que les idées semblent heureusement toujours dominer sur le parti, à Option Nationale, outre le Chef, la grande majorité des militants sont là pour les idées, puis n’ont pas grand chose à faire du véhicule.

    N’en déplaise à mes amis d’Option Nationale, Jean-Martin Aussant a clairement une haute estime de lui, le simple texte sur René Lévesque rejoingant Option Nationale le démontre clairement. Mais bon personne n’est parfait et tout le monde à des défauts, puis ça ne m’empêche pas d’apprécier l’homme.

    Le Front Uni peut s’articuler dans une vision indépendantiste du Québec, dans laquelle on veut faire avancer la démocratie et le gros bon sens. En fait, le Front Uni peut se faire sur la majorité du programme d’Option Nationale et non l’inverse, mais comme plusieurs personnes l’ont souligné, les idées de Québec Solidaire ont plus de chance de porter fruit dans un Québec indépendant, puis Option Nationale n’aura pas vraiment une plus longue vie que la vie politique de son chef après l’indépendance.

    Pourquoi calqué sur le programme d’Option Nationale, car son programme est basé sur un argumentaire pragmatique, argumentaire acceptable pour tous, outre les trop émotifs et ceux pour qui c’est désavantageux.

  20. Cocio_16 dit :

    Personnellement, je suis membre de ON. Tout ne me plaît pas dans ce parti, mais il reste celui qui me correspond le mieux. Je serais très déçu de le voir fusionner avec QS, bien que ce dernier soit mon second choix.

    ON n’est pas de gauche. C’est sa plateforme et les plupart des gens qui militent pour lui qui le sont. À la différence de QS, ON pourrait virer sur la droite conservatrice sans perdre son identité. Ce qui compte, ce n’est pas la direction qui est prise. Ce qui compte, c’est que cette direction soit celle désirée par les québécois. La gauche et la droite divisera toujours la population en deux ; mais pour se déclarer souverain, le peuple doit être uni.
    Les militants peuvent parler de toutes sortes de choses, mais la raison d’être de ON reste la souveraineté. S’ils ne savaient parler que d’un seul sujet, ils ne seraient pas des gens très intéressants.
    Du moins, c’est ainsi que je théorise le parti.

  21. Nic Payne dit :

    Tant que des scénarios d’union "souverainiste" s’ébaucheront sur le mode du "rassemblons-nous entre souverainistes de diverses tendances", ils demeureront pour moi contre-indiqués.

    Je ne suis pas adversaire du PQ et de QS parce qu’ils sont trop à gauche ou à droite; je le suis parce qu’ils entraînent le souverainisme dans une impasse.

    En d’autres termes, je ne peux pas accepter une alliance "souverainiste" avec des partis qui ne prennent aucun engagement souverainiste immédiat, concret et incontournable.

    Un parti souverainiste, pour moi, est un parti qui demande le mandat de réaliser la souveraineté. Aller jouer dans le film de la gouvernance provinciale indéfinie, ou de la souveraineté-si-nécessaire-mais-pas-nécessairement-et-seulement-si-ça-passe-par-la-gauche, non merci.

    p.s. je ne dis surtout pas qu’il faille mettre le débat gauche-droite en veilleuse pour réaliser l’indépendance. Je pense cependant qu’assimiler indépendance et projet social ( de gauche ) dans une même démarche, est politiquement et intellectuellement problématique.

    Nic Payne

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