En votant toujours pour le moins pire, on ferme la fenêtre sur nos rêves. - Amir Khadir
Je croise parfois des personnes qui disent être déchirées par l’idée de donner leur voix à Vote Stratégique. Ils me disent préférer Québec solidaire à cause de l’authenticité de ses candidats et la rigueur de ses idées, mais ces personnes ont peur de faire passer les libéraux s’ils ne votent pas pour Vote Stratégique.
Étudions un peu plus la question.
-Un vieux disque qui saute.
Vote Stratégique n’est pas né de la dernière pluie. Déjà, en 1962, Jean Lesage appelait à voter PLQ plutôt que pour le RIN, le tout pour garder l’Union nationale dans l’opposition. Plus tard, Daniel Johnson appelait en 1970 à voter pour l’Union nationale au lieu du nouveau Parti québécois pour éviter que les libéraux ne conserve le pouvoir. Ensuite, une fois installé au pouvoir, le PQ à son tour a donné un coup de fil à Vote stratégique prétextant qu’il fallait éviter que les libéraux ne reviennent au pouvoir.
En somme, quelque soit l’époque, le système bipartiste pousse les deux principaux partis à tenter de convaincre les citoyens de ne pas voter pour ce qu’ils veulent, mais bien pour ce qu’ils trouvent le moins pire. La leçon est la suivante: lorsqu’il est dans l’opposition, Vote Stratégique veut que l’on vote pour lui pour défaire les libéraux, lorsque Vote Stratégique est au pouvoir il appelle encore à voter pour lui pour éviter le retour des libéraux, etc, etc, etc.
On connait la chanson.
-Le «moins pire» fait partie de la liste des «pires».
Voter pour le «moins pire» a des conséquences graves, et ce, pour la simple et bonne raison que le parti le «moins pire» figure dans la liste des «pires»! À ce chapitre, Vote Stratégique nous a causé des désagréments, et non les moindres! On se souvient des lois spéciales de retour forcé au travail contre les infirmières en 1999, de l’obsession du déficit 0, de l’adhésion de l’ensemble de la classe politique québécoise au libre-échange de Mulroney, de la tentative de dégel des frais de scolarité en 1996, des coupures en éducation et en santé dans les années 1990, de l’appui aux injonctions contre le mouvement étudiant en 2012, de l’appui à la loi 204 pour l’amphithéâtre à Québec en 2011, du feu vert de Pauline Marois par rapport à l’exploitation du gaz de schiste dans la Vallée du St-Laurent et du pétrole à Anticosti.
À la lumière de cette courte liste, je me pose parfois la question, du PQ ou du PLQ, lorsqu’ils sont au pouvoir, y en a-t-il vraiment un de "moins pire".
-Les promesses brisées de Vote Stratégique
Donner son appui à Vote Stratégique, c’est également mettre une croix sur des projets qui nous tiennent à cœur. Ces projets ont toujours été tablettés, repoussés ou simplement jetés aux poubelles de l’histoire. La raison? Devant sa soif de rester au pouvoir, Vote Stratégique est prêt à tout, incluant se départir de quelques projets pourtant essentiels à notre société, incluant le projet de pays.
Pendant toutes ces années autant au pouvoir que dans l’opposition, Vote Stratégique ne nous a jamais permis d’obtenir la réforme du mode de scrutin via une proportionnelle, pour refléter la diversité démocratique des québécois ; la mise en place de Pharma-Québec, pour réduire les coûts des médicaments ; une véritable politique industrielle, pour permettre aux employés d’une usine délocalisée de pourvoir la reprendre en main; d’instaurer la gratuité scolaire du primaire à l’université, pour que l’accès à l’éducation soit une question de talent et non d’argent; de revaloriser l’école publique en y redirigeant les subventions que l’État donne aux écoles privés.
En conclusion, Vote Stratégique s’avère être un bien mauvais compagnon. Je propose quelque chose de plus simple, de plus authentique: voter pour le parti qui représente le plus vos valeurs. Ainsi, Vote Stratégique, qui nous a si mal servi, se retrouvera à son tour dans les poubelles de l’histoire, là où il a tenté d’enterrer nos rêves brisés. La démocratie ne s’en portera que mieux.
Ce matin dans le Devoir:
«Le vote stratégique est une castration de la volonté de l’électeur.»
http://www.ledevoir.com/politique/quebec/355552/elections-piege-a-cons
Un outil pour mesurer la proportionnalité
Il existe un outil pour mesurer le niveau de distorsions causées par un mode de scrutin. Il s’agit de «l’indice de disproportionnalité» qui permet de comparer l’effet des différents modes de scrutin à ce point de vue. C’est ainsi qu’un seul chiffre peut indiquer le degré global d’écart existant entre la proportion de votes recueillis par l’ensemble des partis en lice lors d’une élection et la proportion de sièges parlementaires qu’ils se alors sont vus attribuer par le mode de scrutin en vigueur.
Cet indice, mis au point par le politicologue américain Michael Gallagher, s’obtient en faisant la somme des écarts d’un résultat strictement proportionnel enregistrés par chacun des partis en lice lors d’une élection donnée. Le fait que ces écarts soient positifs ou négatifs n’importe pas puisque dans ce calcul c’est leur valeur absolue qui est prise en considération.
Cet indice est révélateur puisqu’il permet de constater que le scrutin majoritaire uninominal à un tour se classe au 6e rang sur 7 sous l’aspect de la proportionnalité parmi les principales familles de modes de scrutin. Mais le dernier au classement est le scrutin majoritaire uninominal à deux tours, tel qu’appliqué en France, qu’envisage actuellement le PQ dans ses propositions pour faire de la politique autrement.
Au premier rang se trouve le scrutin de listes de type scandinave où tous les députés sont élus à la proportionnelle. C’est un système semblable que le premier ministre René Lévesque avait proposé en 1984 en l’assortissant d’un caractère régional pour donner suite à la recommandation d’une commission d’étude mise sur pied par l’Assemblée nationale qui avait consulté la population. Malheureusement cette proposition a été torpillée par le caucus des députés péquistes dont la plupart se sont ralliés au slogan «La souveraineté avant la démocratie».
Au deuxième rang se classe le système mixte (majoritaire-proportionnel) de type allemand avec correction complète des écarts. Au troisième rang se trouve le système mixte de type écossais à correction incomplète des écarts mais à finalité proportionnelle. C’est un mode de scrutin de ce type que le gouvernement Charest a proposé dans un avant-projet de loi déposé en 2004 mais qu’il a enterré par la suite. L’instauration d’une version améliorée de ce système est maintenant préconisée par Québec solidaire et par le Mouvement pour une démocratie nouvelle qui l’ont doté d’un caractère régional adapté au contexte québécois. Cette dernière a reçu l’appui de plus de 80% des quelque 2000 participants à une commission parlementaire tenue en 2006 puis a été validée dans une étude du Directeur général des élections du Québec en 2007.
Au quatrième rang se trouve le vote unique transférable (VUT) à l’irlandaise. Au cinquième rang se classent les pays dotés d’un système mixte à finalité majoritaire comme la Russie et le Japon. Puis arrive le scrutin majoritaire à un tour en vigueur au Royaume Uni, aux États Unis et au Canada et, en queue de liste, le système majoritaire à deux tours proposé par le PQ.
Paul Cliche
http://www.cahiersdusocialisme.org/2011/12/14/le-pq-regresse-en-proposant-un-scrutin-majoritaire-a-deux-tours/
Pourtant, voter pour les NDP progressifs fédéralistes semblait être une bonne idée pour un certain parti soit disant indépendantiste!!!!
Comme je voulais me débarasser de Harper… https://www.facebook.com/groups/2250951279/permalink/10151108135216280/?ref=notif¬if_t=like#!/photo.php?fbid=327577293999853&set=a.123482801075971.27631.100002427553230&type=1&theater
C’est assez différent mais on a aussi des pb de "vote utile" en France. J’ai essayé de donner des argumentaires contre ça, dont celui-ci fondé sur la logigue : http://courbedirecte.blogspot.com/2012/01/logique.html
Il y a peut-être des choses qui peuvent servir aussi au Québec.
Ce n’est pas le vote stratégique qui est le problème ; c’est bel et bien notre système démodé du vote par scrutin majoritaire uninominal à un tour. C’est clair comme le jour que notre mode de scrutin est au coeur de _tous_ nos maux politiques. Il est absolument essentiel à notre démocratie de mettre en place un mode de scrutin pour que tous les votes comptes et pour que notre démocratie mérite l’épellation de représentationnelle. Sans cela, c’est comme si nous insistons à mener nos vies et nos efforts menottés à une boule de fer.
Le vote proportionnel changera complètement la donne. Un système de scrutin qui répond à ce besoin est le scrutin proportionnel mixte. J’ajouterais une minimum de 10% du vote pour avoir le statut de parti à l’Assemblée nationale et, pendant qu’on y est, le vote obligatoire.
Notre système de gouvernement parlementaire donne déjà beaucoup de pouvoir au parti(s) en pouvoir (soit l’exécutif) (par rapport aux systèmes présidentiels). Le vote proportionnelle avec un minimum de 10% pour les partis assurera qu’il y aura de la coopération entre les partis tout en assurant le pouvoir nécessaire pour agir.
Ce qu’il nous faut dans notre situation actuelle, alors, c’est un parti, ou une coalition de partis, qui mettent la modernisation de notre système de scrutin comme premier, et même unique, palier de leur plan électoral ; et qu’ils nous promettent une nouvelle élection immédiatement suite à son implantation. Pour ce!, j’appuis sans réserve le vote stratégique.
Il faut changer notre mode de scrutin qui est présentement un scrutin uninominal majoritaire à une tour.
Je propose la proportionnelle-mixte à 2 tours où, lors du premier tour, on élit par vote majoritaire des députés de circonscription indépendant (60% des sièges) et par vote proportionnel des députés de parti sans attache régionale (40% des sièges). Au deuxième tour, on élit par vote majoritaire les ministres qui devront avoir été élu en tant que député de parti.
J’ai élaborer là-dessus dans cet article: http://chibibochib.wordpress.com/2012/07/28/reformer-le-mode-de-scrutin/
M.Laurent Desbois devrait arr^ter de nous revenir avec toujours les mêmes petits arguments préfabriqués par l’équipe de Pauline surtout lorsqu’on sait qu’un bon tiers des électeurs péquistes avaient également voté NPD lors des dernières élections fédérales.
C’est bizarre mais sur ce détail là vous vous taisez !
Je complèterais en te félicitant Alexandre pour ton texte excellent
À mes yeux, voter pour le moins pire est une bien mauvaise stratégie, et le véritable vote stratégique consiste à encourager le parti le plus proche de nos valeurs. Mais j’avoue que de limiter son action politique à ce vote a peu de sens. Il faut alors non seulement voter pour ce parti près de nos valeurs, mais plus important encore, y devenir membre, l’investir réellement, s’y impliquer et participer à sa vie démocratique, à sa croissance et à sa vitalité.
Laurent desbois, vous voteriez pour un parti souverainiste mais de droite?
Faudrais que la question se pose – l’indépendance, mais pourquoi au fond? pas par elle-même, pour elle-même, mais un plan de vie, un idéal, une vision du Québec.
La souveraineté se fais à Québec. Et entre vous et moi, je préferre les social-démocrates du NPD aux fanatiques de droite du PC 2.0, Hard Peur et cie.
Il me semble qu’il soit plutôt stratégique de faire campagne contre le vote stratégique.
Est-ce qu’un citoyen, candidat pour un parti politique, peut vraiment affirmer que s’il est élu, il n’utilisera JAMAIS le vote stratégie pour arriver à ses fins. Si on suit cette logique, cela devrait s’appliquer à l’ensemble des décisions politiques et non seulement des élections. Or, il semble impensable d’élire un député qui refuserait toute sorte de compromis pour arriver à ses fins, pour faire avancer ses idées.
Voyons voir les arguments présentés dans ce texte:
1. Un vieux disque qui saute. Depuis la nuit des temps de la démocratie, le citoyen est amené à porter une réflexion sur la personne ou le parti politique pour lequel il vote ainsi que sur l’effet qu’aura son vote. Cette question se pose également pour de simples décisions de la vie de tous les jours. On idéalise une option, mais opte pour la suivante en considérant son effet. Ceci fait partie du jeu politique.
2.Le «moins pire» fait partie de la liste des «pires». Peu importe le parti choisi, il sera toujours le moins pire, car aucun parti n’est exactement le reflet de nos opinions politiques. Nous devons faire des concessions et toujours choisir le moins pire. Problème incontournable de la politique telle qu’on la connait.
3.Les promesses brisées de Vote Stratégique. Aux dernières nouvelles, la meilleure façon d’arrêter de rêver à ses idées et de les mettre en application est de faire partie du gouvernement ou d’avoir un poids considérable pour faire pencher le gouvernement. Pour se faire, cela peut passer par un vote stratégique.
Je ne suis pas contre certains éléments du programme de QS mais pour l’instant le problème pressant à régler est le cas de Jean Charest pour que la réflexion sur notre avenir politique puisse débloquer. Aux prochaines élections, je voterai stratégique.
Le stratège dans la stratégie hein ? Le concept c’est d’exprimer clairement ce que l’on pense en votant d’abord pour le candidat et ensuite pour le parti qui nous ressemble le plus. Dans le meilleur des monde de notre démocratie de comtés ; (!) L’idée de ne pas voter stratégique est de diviser la gauche pour y gagner des votes, même si Jean Charest risque d’être réélu. S’il devait se retrouver minoritaire devant une forte opposition multicolore, là je crois, que peut-être, nous en arriverons au dialogue. Et si c’est avec 25% des voix qu’ils pensent gouverner, la situation ne fera que démontrer le côté totalement désuet de notre système de vote. Et ça pour cela que nous militons pour la proportionnelle. Le vote anti-stratégique est un vote en ce sens.
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À mon avis, la pire erreur est de ne pas faire preuve de stratégie car la droite elle y passe beaucoup de temps et avec un certain succès avouons-le. On peut rêver toute notre vie de changer le monde, ne jamais ajuster notre stratégie et mourir dans l’opposition. Le mode de scrutin étant ce qu’il est, on a beau s’en plaindre, même si QS réussissait à obtenir 15 % des suffrages, peut-être parviendrait-il à obtenir 2 ou 3 députés.
D’autre part, si la tendance se maintient, il devrait y avoir non pas 4, mais 6 ou 7 candidat.es pour l’élection de septembre dans le conté de Duplessis. Comme la droite se divisera en deux, PLQ et CAQ, il y aura au moins 4 candidats à se diviser le vote plus à gauche tandis que le PQ qui je pense s’est rapproché du centre en laissant partir des Facal et Simard et en allant chercher des Daniel Breton et Léo Bureau-Blouin, il devrait encore une fois bénéficier du vote populaire.
J’aurais très bien pu poursuivre ma démarche amorcé en septembre 2010, former le NPQ(nouveau parti du Québec) puisque les signataires étaient réunis en nombre suffisant et j’aurais alors été le 7eme ou 8eme candidat. Je ne l’ai pas fait, parce que le noyau nécessaire à pareille aventure n’était pas réuni et donc stratégiquement, de manière à ne pas séparer davantage le vote et risquer de voir passer la candidate Libérale, j’ai préféré passer un tour.
Je suis convaincu qu’il s’en aurait trouvé quelques-uns à QS ou à Option Nationale pour dire: Voyons Réjean, travaillons ensemble plutôt que de nous diviser, parce qu’une certaine stratégie l’aurait commandé. Sincèrement, je ne crois pas beaucoup dans le leadership de M.Marois, pas plus que je ne crois dans un leadership bicéphale et ce malgré la qualité des individus. Madame Marois ne tient qu’à une seule chose et ce n’est pas l’indépendance, mais la gouvernance du Québec. Mais je fonde des espoirs dans quelques personnes qui gravitent autour d’elle pour entre autre donner un deuxième souffle au Maîtres Chez-Nous de René Lévesque.
On aura beau dire ce qu’on veut des sondages, entre autre qu’ils conditionnent jusqu’à un certain point le vote, si la tendance se maintient, QS n’augmentera pas substantiellement sa représentation à l’Assemblée Nationale, et je ne demande qu’à me tromper. Si c’est effectivement le cas, ce parti devra nécessairement se pencher sur une stratégie à adopter pour que ses appuis servent à influencer au maximum les choix du gouvernement ou bien pour aller chercher davantage la faveur populaire pour une prochaine.
Une chose est sûre, tous les éléments extérieurs étaient réunis( Scandales libéraux, bisbille péquiste) pour que ce parti fasse le plein d’appui et ça ne s’est pas produit malgré la popularité de M.Kadhir, alors soit le parti n’arrive pas à s’ajuster et faire preuve de startégie afin d’élargir sa base militante, soit il ne désire pas le faire.
Désolé pour cette analyse, mais je comprends fort bien que celui qui fera davantage les frais de tout vote stratégique risque d’être Q.S. pour qui je ne suis pas gêné d’avoir voté lors des deux dernières élections.
Pour ma part, le Québec n’a pas les moyens de se payer un autre mandat Libéral et pour cela, si la situation le commande, j’assumerais tout vote stratégique.
C’est drôle, je suis arrivé au Qc en 1999 et depuis que je suis ici, je n’arrête pas d’entendre, à chaque élection "Pi, les as-tu gagné tes élections ?", comme s’il s’agissait d’un partisan d’un match de hockey qui demandait "Pi, le Canadien a-t-il gagné" ?.
Personnellement j’ai toujours voté pour le parti dont les idées se rapprochaient le plus de ma vision d’une société la plus juste pour le plus de monde. J’ai été élevé par des parents de gauche, je n’ai jamais été enbrigader dans aucune religion (spirituellement parlant), je suis issu d’un milieu ouvrier et j’ai pu bénéficier d’un système d’éducation gratuit jusqu’au doctorat (si je l’avais voulu). Vous l’aurez probablement devinez, je viens de France.
Ici quand je parle de mon parcours scolaire gratuit, j’ai l’impression que personne ne peut s’imaginer que ça existe sérieusement ailleurs. On vient toujours avec les sempiternels refrains "Mais tu n’y penses pas, on n’a pas les moyens de payer des "vacances" à tout le monde, faut bien que ces étudiants finissent par travailler un jour !!".
Ce que les gens ne comprennent pas, c’est qu’en contre-partie de la gratuité, le gouvernement exigeait une réussite scolaire sans faille. Le gouvernement n’autorisait en effet qu’un seul échec par cycle d’étude (1er cycle en 3 ans maximum, 2ième cycle en 3 ans max, et 3ième cycle en 5-6 ans max (pour des études à temps complet), Pour médecine ça marchait un peu différemment), après quoi, si je voulais reprendre malgré un autre échec, les études auraient été à mes frais.
J’ai ainsi pu me rendre jusqu’à la maitrise française, entièrement gratuitement (du point de vue des frais de scolarité, mais pas de l’hébergement, la bouffe, le transport, et les loisirs).
Je travaillais l’été, et par chance, le gouvernement ne me prélevait pas d’impôts sur ces faibles salaires, et surtout n’imposait pas la bourse (il n’y avait pas de prêt gouvernementaux).
Résultat je suis sorti avec ma maitrise sans aucune dette d’étude !
Le gouvernement français avait cette intelligence d’investir dans sa population ayant le potentiel intellectuel plutôt que de donner en pâture les universités au privé.
J’ai toujours eu des facilités à l’école, et j’aurai probablement été un enfant qui n’aurait pas pu se payer l’université au Qc, j’aurai probablement terminé un CEGEP, travaillé et puis si j’avais été bien motivé à retourner aux études après quelques années de travail pour amasser la somme d’argent que ça aurait demandé, j’aurai fini par décrocher ma maitrise ici, vers l’âge de 40 ans.
J’ai donc travaillé 8 ans, en Suisse, faisant là-bas le double de salaire, et payant le double d’impôt à ce gouvernement français qui avait investit en moi. Résultat, il a fait bien plus d’argent avec moi en 8 ans en ayant un diplôme universitaire, que si j’avais, comme mon père, travaillé comme ouvrier à un salaire à peine plus élevé que le salaire minimum.
Je reviens donc aux élections à venir.
Depuis 2002, alors que j’ai acquis ma citoyenneté canadienne (j’ai quitté la France pour des raisons purement personnelles et familiales et non pour des raisons économiques ou sociales) j’ai toujours voté pour le parti qui représentait le plus mes valeurs.
Et chose surprenante, dans Hochelaga, c’est inévitablement Bloc Québec ou Parti Québecois, un vrai château fort comme on dit par ici.
Et bien…alors que j’ai toujours "perdu" mes élections, aux dernières élections fédérales, une majorité de citoyens d’Hochelaga ont décidé de se tourner vers le NPD. Quand j’ai vu les résultats je me suis demandé si je rêvais, car pour une fois j’avais "gagné" mes élections.
Avec mon vote NPD, je me disais, si seulement je n’ai pas contribué à faire perdre le PQ au profit du parti conservateur !! Car pour rien au monde j’aurai voulu voir les conservateurs au pouvoir… Il faut croire que tout le Qc s’est mobilisé pour contrer le parti conservateur (à défaut de pouvoir faire mieux avec notre représentation parlementaire de 20% des sièges).
En fait je déteste cette formule (gagner ses élections), j’étais super content de savoir qu’une majorité de la circonscription dans laquelle je vivais, semblait avoir les mêmes idées que moi. C’est toujours plus rassurant de former une communauté qui a une vision commune de l’avenir.
Aux dernières provinciale j’ai voté pour QS, et là encore, j’espérais ne pas avoir contribué à faire élire le libéral. C’est encore le PQ qui est sorti, mais avec plus de difficulté que quand c’était Louise Harel. Mais les forces politiques changent, et j’étais très content de savoir qu’Amir Khadir avait été élu dans Mercier, je me disais, au moins ça va faire du changement à l’Assemblée Nationale. Avec un seul député, Amir a fait bouger la société québécoise bien plus que tous les vieux partis. Imaginez si QS pouvait commencer par être un parti reconnu par l’Assemblée, la politique ne se ferait plus de la même manière.
Je vote toujours pour mes rêves, et n’oubliez jamais que l’utopie d’aujourd’hui sera la réalité de demain.
C’est une erreur de penser qu’il y a une liste de "pires" et un parti ou un candidat idéal. En politique comme ailleurs, une liste d’options non-idéale est parfois tout ce que nous avons. Il y a fort à parier que pour la vaste majorité des citoyens, aucun parti ni aucun candidat n’est idéal. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles le taux de participation électorale connaît un déclin si important: si les partis politiques enthousiasmaient davantage les électeurs avec la qualité de leur chef, de leur programme politique et de leurs candidats, les gens voteraient davantage. Suivant cela, le vote stratégique est bel et bien une stratégie rationnelle ET qui a le potentiel d’être payante politiquement.
Voter stratégiquement ne fait du sens que pour écarter le pire. Dans les cas où a) il est impossible de déloger les Libéraux, ou b) la victoire d’un candidat progressiste ou centriste est assurée, il n’y a pas de raison de ne pas voter authentiquement dans le contexte actuel pour les progressistes et/ou centristes.
Le vote stratégique vise effectivement à éviter le pire, et en ce sens il a une utilité indéniable, mais certes limitée, pour les électeurs. Ce serait une grave erreur que de condamner le vote stratégique puisqu’il n’est pas nécessairement incompatible avec le vote authentique et l’avancement de la cause progressiste.
C’est une erreur de penser qu’il y a pour tous une liste des "pires" candidats ET un candidat idéal. En politique comme ailleurs, une liste d’options non-idéale est parfois tout ce que nous avons. Il y a fort à parier que pour la vaste majorité des citoyens, aucun parti n’est idéal. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles le taux de participation électorale connaît un déclin si important: si les partis politiques enthousiasmaient davantage les électeurs avec la qualité de leur chef, de leur programme politique et de leurs candidats, les gens voteraient davantage.
Suivant cela, le vote stratégique est bel et bien une stratégie rationnelle ET qui a le potentiel d’être payante politiquement.
Voter stratégiquement ne fait du sens que pour écarter le pire. Dans les cas où a) il est impossible de déloger les Libéraux, ou b) la victoire d’un candidat progressiste ou centriste est assurée, il n’y a pas de raison de ne pas voter authentiquement pour un progressiste et/ou centriste.
Le vote stratégique vise effectivement à éviter le pire, et en ce sens il a une utilité indéniable, mais certes limitée, pour les électeurs. Ce serait une grave erreur de condamner le vote stratégique d’autant plus qu’il n’est pas nécessairement incompatible avec le vote authentique et l’avancement de la cause progressiste.
Comme l’écrivait Bernard Émond, il faut voter comme si c’était un second tour. Alors, Charest/Legault/QS/ON si on veut garder ce gouvernement, Marois si on veut changer. C’est l’un ou l’autre. Cela n’a rien à voir avec les qualités des tiers partis; c’est aux conséquences qu’il faut penser, et les conséquences importent davantage que les convictions intimes. Si QS (ou ON) était la première solution de rechange, je n’hésiterais pas à l’appuyer. MAIS CE N’EST PAS LE CAS.