Merci pour tout.

J’ai appris la nouvelle samedi vers 17h30. Victoire serrée, très serrée même, de mon camarade Andrés Fontecilla. À peine quelques voix nous séparaient, mais c’est bien lui qui a obtenu la confiance d’une majorité des délégué-e-s du congrès d’en fin de semaine. Je l’ai chaudement félicité sur-le-champ. Il a livré de très belles performances et mérite cette victoire.

Immédiatement après avoir appris la nouvelle, nous sommes partis nous réunir avec l’équipe d’Hochelaga-Maisonneuve et d’autres amis pour ne pas avoir à digérer le tout en public.

J’ai alors demandé deux choses à ma gang : 1) de retourner le lendemain au congrès la tête haute parce que nous avions livré une bonne bataille, 2) de se rallier à Andrés, car il a été un sincère gentleman, qu’il est un leader passionné et que nous devons l’appuyer dans ses nouveaux défis.

J’aimerais remercier sincèrement toutes les personnes qui ont voté pour moi, toutes les personnes qui ont cru en moi et toutes les personnes qui m’ont aidé d’une manière ou d’une autre dans cette (trop) longue aventure que fût la course à la présidence de QS.

Je suis particulièrement content d’avoir été en mesure de faire circuler au sein du parti l’idée de république. Il y avait des risques à faire campagne sur l’indépendance, mais je n’interprète surtout pas ma défaite comme un rejet de cette idée. Bien au contraire, vous êtes nombreux et nombreuses à être venu me dire que vous aviez apprécié la clarté de mon propos et la justesse de mon analyse sur cet enjeu.

Ce n’est évidemment pas la fin de l’histoire pour moi. Soyons clairs, c’est la plus importante défaite de ma courte vie et elle prendra probablement plus de temps à digérer que la défaite du 4 septembre. Mais je suis bâti solide, j’ai une blonde merveilleuse, des amis en quantité et en qualité et une super job. Ça va aller.

Carole Poirier, la députée péquiste d’Hochelaga-Maisonneuve, esquisse peut-être un sourire ce soir, mais elle ne devrait pas sourire trop longtemps. En effet, on lui réserve quelques surprises dans les mois à venir. Même chose pour Jean-Martin Aussant. S’il veut venir dans Hochelaga, on l’attend de pied ferme. Les délégués du congrès m’ont donné le mandat de devenir le prochain député d’Hochelaga-Maisonneuve. Je prends ce mandat très au sérieux et j’entends être à la hauteur de la tâche.

Merci pour tout.

Solidairement,

Alexandre Leduc

 

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Discours final au congrès

Discours final au congrès

 

Il est très émotif pour moi de faire ce discours ici, à l’UQAM dans la salle Marie-Gérin-Lajoie, car c’est ici que mon parcours militant a commencé. C’est ici que j’ai voté mes premières grèves étudiantes. C’est ici que j’ai décidé que je ne serais pas un spectateur, mais bien acteur de la vie politique de mon pays.

Nous y voilà, donc, à la ligne d’arrivée.

Comment conclure une campagne de plusieurs semaines en 2 minutes? Comment résumer tout ce que nous avons dit dans nos 11 débats en 2 petites minutes?

Je pense que c’est très simple. C’est en mettant en lumière que nous sommes rendus là, à Québec solidaire, à attirer 4 candidats au poste de porte-parole président de qualité qui représentent avec brio différents secteurs de la gauche souverainiste québécoise.

Le choix que vous aurez à faire tantôt est difficile. Je le sais. En réalité, je n’aimerais pas être à votre place.

Je vous invite donc à écouter votre cœur. Vous devez choisir le candidat en qui vous avez confiance pour porter nos décisions collectives. Vous devez choisir le candidat qui le plus en mesure de bien vulgariser des notions complexes. Vous devez choisir le candidat qui sera en mesure de nous mobiliser pour faire de la campagne du Plan vert à l’automne une réussite, notamment en organisant de grandes assemblées en régions. Vous devez choisir un candidat à l’aise avec les théories féministes et qui a un style de leadership inclusif et à l’écoute des opinions inverses. Vous devez choisir le candidat qui sera en mesure d’élargir notre base d’appuis et de construire de nouvelles solidarités avec l’ensemble de la société québécoise.

Avec toute la passion et la conviction qui m’anime, j’aspire être ce candidat et je vous demande humblement votre confiance.

Car la tâche qui est devant nous est immense. Le vernis social-démocrate du PQ craque de partout. Il faut saisir cette opportunité historique de renverser le vote stratégique et de mettre l’accent sur le fait que nous constituons une alternative crédible au gouvernement décevant du PQ.

En terminant, j’aimerais vous poser une question. Êtes-vous d’accord avec la hausse éternelle des frais de scolarité? Êtes-vous d’accord avec les coupures dans l’aide sociale? Êtes-vous d’accord avec le virage pétrolier? Êtes-vous d’accord avec l’austérité budgétaire?

Ben moi non plus. Alors il est clair qu’il faut changer de gouvernement et tout le Québec nous regarde. Mettons-nous au travail camarades. L’avenir est devant nous!

Merci. Bon congrès.

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Québec solidaire 2018

Québec solidaire 2018

4 septembre 2018. Nous voici à la veille du déclenchement des élections. La frénésie s’est emparée de la permanence du parti. Les militantEs se préparent à promouvoir notre bilan de travail d’opposition au gouvernement en place depuis les quatre dernières années. Je fais partie d’une équipe de députéEs solidaires. L’élection de 2014 s’est bien déroulée, à tel point que nous avons fait élire plusieurs candidatEs solidaires à travers le Québec. Le travail accompli par cette équipe s’avère colossal!

Tout d’abord, à la suite d’une grande campagne d’information et de mobilisation, nous avons forcé le gouvernement à reprendre notre projet de loi pour la création de Pharma-Québec. Nous avons tellement bien promu cet enjeu que même la CAQ a fini par voter en faveur. Qui l’aurait cru? J’étais même assis tout près d’Amir lorsqu’il a versé une larme à l’Assemblée nationale au moment du vote. C’était quelque chose à voir!

Aveuglé par son déficit 0, le gouvernement a coupé dans les prêts et bourses. Mauvaise idée, car il a réveillé le mouvement étudiant qui s’était assoupi depuis quelques années; le carré rouge est réapparu et les casseroles aussi. Nous, députéEs solidaires, avons participé à toutes les manifestations tout en défendant énergiquement la gratuité scolaire et un régime généreux de prêts et bourse sur toutes les tribunes. Sentant la soupe chaude, le gouvernement a dû reculer. Nous avons même contribué à faire en sorte que l’on revienne à un gel des frais de scolarité avec en prime l’abolition des frais afférents. Un pas vers la gratuité quoi!

Malgré l’opposition féroce de la droite, les énergies éoliennes ont finalement été nationalisées. Bon, Éole-Québec n’est toujours pas créé, mais au moins, le secteur éolien est désormais dirigé par l’État. Cela devrait lui assurer un développement à la hauteur de notre ambition et de notre époque. Je ressens toute une fierté d’avoir voté pour de cette nationalisation, tout comme l’ensemble du caucus de Québec solidaire.

Cependant, tout n’est pas rose. Un mode de scrutin proportionnel n’a toujours pas été adopté. Les vieux partis ne veulent pas changer, car ils bénéficient beaucoup trop de la situation actuelle pour voir au-delà de leur intérêt partisan. La lutte à la pauvreté n’importe toujours pas pour le gouvernement. Les prestations d’aide social stagnent et le salaire minimum a augmenté d’à peine 1$ depuis 2013. Les mouvements sociaux demeurent très actifs, mais dans le champ politique, les députéEs solidaires demeurent malheureusement les seulEs sur la patinoire à défendre la justice sociale.

Ainsi, en cette année électorale de 2018, tout est possible! Quand François Legault a annoncé qu’il se retirait de la politique, la CAQ s’est empêtrée dans une course à la chefferie qui a tourné au vinaigre avec Éric Duhaime qui a décidé de s’y lancer. De notre côté, Québec solidaire a encore pris du galon et attire toujours des candidatEs de marque. Nos récentes annonces en provenance du milieu syndical et des arts font énormément jaser d’ailleurs. En plus d’espérer devenir l’opposition officielle, si on se fie aux sondages, nous pouvons même envisager l’élection d’un gouvernement solidaire. C’est très excitant, d’autant plus que ça jase de référendum. Les conservateurs demeurent indélogeables à Ottawa : le ras-le-bol est généralisé. Québec solidaire doit jouer un rôle pour rallier les communautés culturelles au projet de pays, puisque seul notre parti établit un réel dialogue avec elles. En 2018, nous avons donc de grandes responsabilités, des responsabilités historiques!

Nous avons maintenant atteint les 30 000 membres et toutes les circonscriptions ont une association organisée. Nous avons encore réussi à nous positionner comme le parti qui présente le plus de candidates. Plus forts que jamais, nous aborderons les élections d’octobre 2018 avec une confiance collective sans précédent.

Ensemble, debout!

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Sortir les femmes de l’ombre

Sortir les femmes de l’ombre

Malgré tout ce que les radios X en pensent, l’égalité entre les hommes et les femmes n’est pas encore atteinte. Bien sûr, les femmes ont le droit de vote, le droit d’obtenir un prêt bancaire, le droit d’être jurée, etc. Mais l’égalité, c’est plus complet et plus complexe que ça.

L’égalité, c’est aussi assister à un panel et trouver ça anormal que ce soit juste des hommes qui fassent des présentations. L’égalité, c’est se rendre compte que même dans des organisations féministes comme l’ASSÉ, QS ou les centrales syndicales, les hommes parlent au moins deux fois plus que les femmes au micro. L’égalité, c’est trouver ça délirant que la CAQ ne réussisse pas à présenter plus de 21% de femmes comme candidates aux dernières élections.

L’égalité, c’est aussi au plan économique. C’est lorsqu’on lit un rapport d’Au bas de l’échelle qui souligne que parmi toutes les personnes qui travaillent au salaire minimum, 65% sont des femmes. C’est lorsque les emplois précaires sans protection, sans assurance et sans fonds de retraite sont majoritairement occupés par des femmes. C’est lorsqu’on constate que plus on monte dans la hiérarchie d’une entreprise, plus les femmes se font rares.

Mais quoi faire? Comment d’une part, améliorer les conditions matérielles des femmes et d’autre part, améliorer leur présence dans l’espace public et renforcer leur pouvoir réel dans les lieux décisionnels.

Tout d’abord, pour améliorer les conditions socio-économiques des femmes, il faut améliorer la couverture de nos programmes sociaux. Nous y arriverons, entre autres, en haussant le salaire minimum, en facilitant l’accès à la syndicalisation, en mettant en place un système public de retraites et en abolissant progressivement les frais de scolarité. De plus, il faut renforcer nos services publics pour que des soins de santé de qualité soient accessibles à toutes les Québécoises, peu importe leur lieu de résidence, mais surtout pour dégager les femmes d’être les seules responsables de la prestation des soins à leurs proches et leurs enfants.

Le véritable défi réside toutefois dans l’objectif d’améliorer la présence des femmes dans l’espace public et dans les lieux décisionnels. La tâche n’est pas évidente, car il n’y a pas de recette magique. Cependant, tous les artistes vous le diront, la contrainte est créatrice. C’est pourquoi l’obligation que nous nous sommes donnés de viser la parité de nos délégations et de nos instances nous force à redoubler d’efforts pour aller à la rencontre de nouvelles militantes.

Peu de membres savent que la Commission nationale des femmes de Québec solidaire a préparé des outils pour aider les militants et militantes à recruter plus de femmes pour que nos activités et nos instances soient les plus paritaires possible. Ce qui motive les nouvelles militantes à Québec solidaire, c’est que nous travaillons en équipe et que plusieurs ressources existent déjà pour nous aider à avancer ensemble.

De cette manière, nous contribuons collectivement à sortir de l’ombre des femmes extraordinaires qui devraient assumer une place plus importante dans le débat public.

Vous l’avez compris, pour moi, le féminisme n’est pas un défaut ou un boulet. C’est plutôt une médaille que je porte fièrement en tant qu’homme, car nous avons également un rôle à jouer dans l’atteinte de l’égalité. Ce sont les féministes qui ont permis à mes grand-mères de voter. Ce sont les féministes qui ont permis à ma mère de pouvoir décider d’arrêter la famille à trois enfants et ce sont les féministes qui ont permis à ma sœur d’avoir accès à l’université et de choisir le programme de son choix.

Pour les remercier, il faut continuer le combat.

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Le Plan vert, un projet stimulant et mobilisateur bientôt près de chez vous!

Le Plan vert, un projet stimulant et mobilisateur bientôt près de chez vous!

Le Plan vert dévoilé durant la dernière campagne électorale constitue notre politique économique. Pour mieux le faire connaître, il sera l’objet d’une campagne politique de Québec solidaire l’automne prochain. Nous sommes rendus à une époque de l’histoire où nous ne pouvons plus parler de développement économique sans parler d’écologie et d’environnement. Ces deux enjeux sont dorénavant indissociables. C’est là la force du message de Québec solidaire, la présentation d’une synthèse globale entre les différentes luttes et enjeux de notre époque.

Avec le Plan vert, nous aurons l’occasion de passer d’une gauche d’opposition à une gauche de proposition. Et des propositions en matière d’environnement et d’économie, on en a!

Premièrement, il faut savoir que 40% des émissions de gaz à effet de serre (GES) proviennent des transports, principalement en voiture. Un plan efficace de diminution des GES passe donc par un plan axé sur les transports. Il faut d’abord s’attaquer de front à l’électrification des transports. Ensuite, en région urbaine, cela passe par l’augmentation de l’offre de transport public (autobus et métro) ainsi que la réduction de son coût qui, sans être prohibitif, est loin d’être incitatif.

En région rurale, où l’utilisation d’une voiture est presque incontournable, il y a néanmoins moyen d’allier diminution des GES avec développement économique et création d’emploi. Par exemple, le projet TrensQuébec du Monorail suspendu, s’il s’avère être le meilleur moyen de développer le transport interurbain, nécessitera des voitures de train et des poutres d’aluminium. Les régions de La Pocatière, du Saguenay et de Shawinigan possèdent respectivement des industries appropriées pour que cette activité économique se fasse chez nous.

Le Plan vert est aussi l’occasion pour notre formation politique de s’attaquer à une faiblesse du PQ : le virage pétrolier. Depuis son arrivée au pouvoir, le PQ ne manque pas une occasion de favoriser l’exploration et l’exploitation du pétrole au Québec. Que ce soit les gisements d’Old Harry ou d’Anticosti, tant qu’il y a une piasse à faire, le PQ est «open for business ».

En ce qui a trait à l’inversion du pipeline 9b qui servira à acheminer le pétrole sale de l’Alberta, c’est le projet le plus étonnant, autant du point de vue économique qu’écologique. En effet, le tissu industriel québécois, déjà passablement malmené par 20 ans de gouvernements néolibéraux, souffre en partie de ce que les économistes appellent le « mal hollandais », c’est-à-dire d’une économie dopée par l’industrie du pétrole très spéculative. Le dollar très fort (voire trop fort) nuit donc aux exportations. Je ne comprends pas pourquoi les vieux partis tiennent tant à ce que le Québec devienne le nouveau débouché du pétrole sale albertain!

En ce moment, Québec solidaire est le seul parti politique qui scande haut et fort qu’il faut plutôt se donner une politique d’indépendance au pétrole. En d’autres mots, il faut que le Québec devienne graduellement « pétrolibre ». Ce transfert progressif et réaliste vers une économie pétrolibre demandera que nous investissions dans les énergies alternatives (éoliennes,solaire, biomasse, etc). Cette marche vers la «pétroliberté» créera donc des emplois, notamment en régions.

La campagne du Plan vert de Québec solidaire permettra aussi d’expliquer en quoi notre statut de province empêche le Québec d’aller au bout de ses ambitions en matière de diminution des GES et de développement économique. En effet, une part importante des pouvoirs en matière de transport et d’environnement est de compétence fédérale. De plus, alors que la sortie du pétrole nécessitera des investissements majeurs en infrastructure, nous vivons toujours un déséquilibre fiscal entre Québec et Ottawa qui nous prive d’énormes ressources.

En récupérant ces sommes envoyées à Ottawa et dépensées dans des F-35, nous pourrons plutôt les utiliser pour bonifier les programmes d’efficacité énergétique. Cependant, c’est bel et bien une refonte du code du bâtiment qui sera la clé du succès dans le dossier de l’efficacité énergétique. En imposant des normes plus élevées, nous favoriserons des résidences légèrement plus chères à construire maintenant, mais qui coûteront excessivement moins cher à rénover dans le futur. Cela aura aussi comme effet d’éviter les surchauffes du marché immobilier comme celle que nous vivons en ce moment.

Au final, si l’identité québécoise du 20e siècle a été marquée par la nationalisation de l’hydroélectricité, l’identité québécoise du 21e siècle devra l’être par la fin de notre dépendance au pétrole. Lorsqu’ils voyageront autour du monde, nos enfants seront fiers d’appartenir à une nation «pétrolibre».

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L’autonomie des mouvements sociaux, une recette gagnante

L’autonomie des mouvements sociaux, une recette gagnante

J’ai pris ma première carte de membre de Québec solidaire alors que je m’impliquais activement dans le mouvement étudiant de l’UQAM. À l’époque j’étais perçu comme une sorte de curiosité par mes collègues qui ne croyaient plus à la pertinence d’un parti politique progressiste. Plusieurs ont changé d’avis depuis.

Avec le temps, j’ai compris qu’être à la fois un membre actif de Québec solidaire et un militant dans un syndicat ou un organisme serait un défi. Avec le temps, j’ai développé une manière de conjuguer les deux dans le respect.

Lorsque nous avons fondé le parti, nous avions alors décidé de ne pas répéter l’erreur de certains groupes d’extrême gauche des années 1970 : l’entrisme. En effet, c’est une vieille tactique d’infiltration qui trouvait les syndicats et les groupes sociaux trop mous et sans direction. C’était donc le parti qui devait leur dire quoi faire et leur montrer le bon chemin pour arriver à la révolution. Au Québec, plusieurs groupes sociaux se sont effondrés suite à des luttes de pouvoirs terribles dues à des tentatives d’entrisme.

Je m’oppose à cette méthode. Je viens des mouvements sociaux et je comprends leur dynamique. C’est une dynamique plurielle qui est traversée par plusieurs courants politiques : libertaire, extrême gauche, social-démocrate, social libéral, non-alignée, etc. La force des mouvements sociaux est de pouvoir compter sur la synergie de toutes ces forces. Aurions-nous connu un printemps québécois aussi fort si les associations étudiantes avaient été contrôlées par le haut uniquement par des militants identifiés à QS? Bien sûr que non. La crédibilité d’un syndicat ou d’un groupe est basée sur sa non-partisanerie.

Travaillons avec les mouvements sociaux en tant qu’allié et non en tant que gérant d’estrade. Oui, nous sommes leur relais à l’Assemblée nationale, mais non, ils ne sont pas nos faire-valoir. La meilleure synthèse que j’ai entendue sur ce sujet est : «marcher côte à côte, mais frapper ensemble».

J’adhère à l’objectif de faire de QS un parti des urnes et de la rue, mais nous n’y arriverons pas en tentant de remplacer ou d’inféoder les groupes déjà existants. Par contre, lors d’actions de masses, nous devons être mieux organisés pour bien faire circuler notre message. Des initiatives en ce sens ont été mises en place lors du Front commun en 2010, du 1er mai 2012, du lock-out à Rio Tinto Alcan, de la grève étudiante, etc. Par contre, ces initiatives sont un peu erratiques et il serait donc intéressant de les systématiser en créant statutairement un comité journal et un comité mobilisation national qui aurait la tâche de préparer et distribuer du matériel d’information en lien avec les luttes d’actualité.

Au final, il ne faut pas perdre de vue le fait que, bien que notre parti se soit initialement basé sur des militants issus des mouvements sociaux et syndicaux, il a énormément élargi sa base de membres depuis. Dans nos assemblées et nos activités, plusieurs membres de QS, probablement une majorité en fait, ne sont ni des officiers syndicaux ni des salariés de groupes communautaires. Il faut absolument éviter de donner l’impression qu’il faut déjà être un militant social AVANT de devenir militant de Québec solidaire.

Au contraire, notre parti est ouvert à tous ceux et toutes celles qui partagent nos valeurs, nos aspirations collectives et qui ont envie de mettre la main à la pâte.

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La souveraineté comme clé du développement de Québec solidaire

La souveraineté comme clé du développement de Québec solidaire

La présente élection du prochain porte-parole président de QS est une occasion pour nous tous de faire un bilan des 7 années d’existence de notre parti. C’est aussi une occasion pour les candidats d’identifier les clés qui feront de QS le parti incontournable de la scène politique québécoise qu’il aspire à devenir. Un accent plus prononcé sur l’indépendance est une de ces clés.

Depuis la création de QS, certaines personnes entretiennent à tort un flou alentour de la position indépendantiste de notre parti. Pour certains, nous serions des faux souverainiste, pour d’autres, nous sommes des souverainistes de façade. Impliqué depuis la fondation du parti, je suis à même de témoigner que nos convictions indépendantistes sont aussi fortes que nos convictions écologistes, féministes et progressistes. Cependant,  il faut faire le constat lucide que QS traine ce boulet depuis trop longtemps et que de s’en débarrasser enclencherait un déblocage important qui nous propulserait comme la véritable alternative au PQ, ce que les Québécois et Québécoises rechercheront aux prochaines élections.

La création d’Option nationale l’an dernier est le symptôme le plus patent de ce constat. Comment se fait-il que ces centaines de souverainistes et progressistes déçus du PQ ne soient pas venus chez nous? Je pense que c’est une question de leadership indépendantiste. En effet, nul ne conteste le fait que nous sommes les plus articulés sur les enjeux liés au féminisme, à la justice sociale et à l’environnement. Toutefois, pour aller plus loin, il faudra également être les plus articulés sur la question de la souveraineté.

Pour ce faire, nous pouvons bâtir sur le travail amorcé par la tournée paysdeprojet.org en 2011. Une première phase pourrait s’adresser particulièrement aux minorités culturelles et se donner le mandat de les convaincre des avantages d’un Québec souverain, notamment en matière d’intégration économique et de rapatriement des pleins pouvoirs en matière d’immigration et de citoyenneté. Une deuxième phase pourrait faire la promotion, de manière plus générale, de la République comme le système politique le mieux à même d’offrir une juste représentation de la volonté politique du peuple et une répartition des pouvoirs entre Montréal, Québec et les régions.

Le congrès des 3, 4 et 5 mai arrive à grands pas et nous aurons comme mandat de modifier la plateforme pour la mettre à jour en vue des prochaines élections. Profitons de cette occasion pour mieux expliquer notre projet d’Assemblée constituante et en quoi elle nous mènera à une République québécoise! En faisant ces modifications, nous réaffirmons notre message souverainiste et nous démontrons que nous allons de l’avant avec ce projet emballant.

En tant que candidat au poste de porte-parole président, je m’engage à faire du dossier de l’indépendance du Québec une de mes priorités.

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